Laissez moi un commentaire please !

Voici un concours organisé par une agence de voyages et le Courrier International. Il consiste à proposer une “aventure” originale. Celle qui recueillera le plus de commentaires positifs jusqu´en février sera votée et concrétisée. Je vous invite donc à parcourir ma proposition et y laisser un commentaire… ou plusieurs ! N´hesitez pas à faire passer le message ! Merci pour votre aide !

Voici le lien:

http://www.magrandeaventure.com/fiche-aventure/267/les-voix-des-geants-blancs.html



Los Ceuppensos !

Depuis une semaine, Jean-Claude van Damme n´est plus l´unique vedette belge connue de nos amis équatoriens… Jean-claude Ceuppens est dorénavant la nouvelle coqueluche : Montagnard confirmé et cavalier de l´extrême, la folie s´empare des autochtones à son passage; il déclenche l´hystérie des foules…

Mais c´est bien évidemment sans compter avec la “Dame qui murmurait à l´oreille des chevaux”… Avec un style très “british”, elle a conquis le coeur de sa monture, mais aussi de tout un chacun qui eu la chance de croiser sa route.

Après la forêt semi-tropicale (mindo), le Cotopaxi, et le cratère de Quilotoa, les voila partis à Baños tout seuls, grands enfants qu´ils sont, pour faire du vélo à la recherche des cascades… Et pourquoi pas du saut à l´élastique ! A voir, dans un prochain numéro…

Sur les versants du Cotopaxi

Dans le cratère de Quilotoa

Dans un cactus

L´hôtel : “Cuello de la Luna”, ou “cou de la lune”. Ce nom vient de la signification de Cotopaxi en kichwa : “Coto” (cou) “Paxi” (Lune). La légende veut que le Cotopaxi, jeune volcan prétentieux voulût se faire plus gros que le boeuf, et s´étirer si haut qu´il arriva au royaume de Dieu. Dieu irrité par tant de sans gêne coupa la tête au jeune impertinent. Décapité, sa tête tomba à côté et reste encore aujourd´hui le témoin de cette histoire : le volcan Morurco (en petit à droite)

Du côté de la chambre des parents… Avec vue en plein Coto….

Pic nic dans le cratère de l´ancien volcan Quilotoa

Le chien de mes rêves : avis à tous, si vous savez où je peux trouver cette merveille contactez moi !

Ma chambre d´hôtel… avec petit feu ouvert…

Ma mule, enfin… une mule qu´une indigène m´avait confiée pour que je l´amène à “Javier” héhé…



Puenting !

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¡últimas noticias desde la mitad del mundo!

On me fait remarquer que mon blog n´est plus fort fourni comme il l´eût été il y a … quelques mois ??? Je fais donc l´effort de vous conter les dernières nouvelles depuis la moitié du monde…

Il y a deux (ou trois?) semaines, je suis parti pour la seconde fois dans l´Iliniza Sur (5200 m d´altitude) avec mes deux compagnons de montagne Gustavo, prési du club andin, et Carlos, dingue.

L´idée était d´aller camper dans le paramo du volcan, et de commencer la grimpette depuis “la virgen”, autrement dit, TOUT en bas… Normalement on commence depuis le refuge où l´on dort tranquile quelques heures… En commençant de ce point, les réjouissances allaient durer presque plus de 6h de marche.

Le ciel…

Bref, nous arrivons dans le paramo en voiture, et rencontrons une famille morte d´angoisse qui nous dit tout en continuant à courir:”il y a trois motos un peu plus haut…ce sont des voleurs qui tendent des embuscades à ceux qui passent! Ils nous ont menacé de nous tuer! Ils sont armés!”…Bref, l´aventure commençait bien… On appelle alors la police, vu que nous en avions pour plus de 1500 dollars d´équipement dans le coffre. Trois petites minutes plus tard, un pick-up de la police arrive en faisant des bons entre les trous de la route comme un hors bord sur les vagues… On aurait dit l´arrivée en grande poñpe d´un héro de série B américaine des années 90 genre Magnum ou l´Homme qui tombe à pic… Et pour tomber à pic, il tombait à pic ! Surtout en rebondissant sur la route… Le pir, c´était qu´il conduisait d´une main, de l´autre il tennait son flingue ! Je suis sur qu´à la maison, ce type a la collection complète des DVDs de “chips”, Magnum” et “les rues de San Fransisco”. Bref, il passe devant nous en criant “où sont ces fils de … chien! Je m´en vais te les tirer un par un!” Bref, avec son sang texan en ébulition, il écrase le champignon pour aller se “farcir” les voleurs embusqués… Un far west pas si “far” que ca finalement.

5 minutes plus tard il redescend quasi avec les trois motos ficelées sur le capot comme un chasseur expose le pauvre renard mort… Les trois voleurs tout pennauds à l´avant…

Bref, nous dormons un peu (de 22h à 00-01h) puis nous nous mettons en marche… Premièrement, franchir un paramo énorme qui grimpe dru et plein de cendre; qui vous replace 2 mètres en arrière à chaque pas… On monte de nuit pendant 3-4h, et un chien surgit de nulle part… il nous suit jusqu´au refuge. Après cette longue et fatigante marche, nous arrivons au refuge où nous accueille le garde avec un gros fusil chargé pointé en notre direction: “qui va là ! répondez ou je tire !”

Le type avait eu vent des agressions, et nous prennait pour les dit “Fils de…chien”. Bien vite, nous nous sommes retrouvés au “chaud”…en fait non plutôt au “froid” car lorsqu´on s´arrete, la transpiration refroidit tout le corps et en gèle chaque centimètre en 2 minutes… Le garde (en fait) super sympa, nous offre un thé, puis deux, puis trois… Il nous raconte toute sa vie, et nous la nôtre, puis nous dit que nous avons de la chance car nous aurons tout le volcan uniquement pour nous.

On reprend la marche vers 5h du matin, passant par une moraine pleine de gros cailloux super instables et très dangereux (vu la pente), puis nous arrivons à cette falaise qu´il faut escalader pour arriver au glacier (à coup de piolets et crampons)… Enfin du vrai sport! On chausse tout l´équipement et on se met en route. Ca grimpe dur, très dur en permanence. On passe une, puis deux, puis trois crevasses énormes; comme des bouches énormes qui attendent tranquilement qu´un de nous, petites fourmis, tombe pour se refermer aussitôt… Par chance, nous ne devons pas passer par la falaise de glace, car depuis un mois s´est crée un nouveau pont de glace. Pas de rappel ni d´escalade sur glace, ni d´ancrage en broche à glace… On arrive donc deux fois plus vite au sommet, vers 8h30, et là…Le paradis renouvelé…

Gustavo (à l´avant) et Carlos (à l´arrière)

Le Chimborazo (6310m) juste en face…

Bref, ce fût ma dernière ascension… Mais cette semaine nous allons normalement tenter le sommet du cayambe… car le grand cotopaxi est inaccessible vu les tonnes de neige qui sont tombées dessus ces derniers jours…jamais vu ça: ce matin on a pu l´apperçevoir pour la première fois depuis presque 3 semaines (de drache intensive)…Il est entièrement recouvert de neige, il parraît qu´on ne voit même plus le refuge, enfoui sous les flocons!

La suite des évènements est un peu plus douce…Comme le climat n´a pas permis de poser ne fût-ce qu´un petit doigt dans la montagne ces dernières semaines, on a bien été obligé d´imaginer d´autres horizons… Nous avons donc choisi Baños et sa route des cascades (à vélo) pour un petit WE tranquile (ou “de tapette” comme je dis moi). J´ai quand même fait du “puenting”, c´est du bungee jumping mais avec une corde dynamique d´escalade et non un élastique. On saute d´un pont et on doit sauter loin pour ne pas avoir un trop gros choc… J´essaye de mettre la video. Je vous laisse admirer les photos…



“El Antisana” : le monstre légendaire

Ce WE, pour ne pas changer, nous sommes partis à la montagne, mais pas n´importe laquelle, et pas n´importe quel “nous”… Depuis des mois j´en rêvais: le fameux, le légendaire Antisana !

Du haut de ses 5752 mètres d´altitude, c´est un des deux volcans les plus techniques du pays, connu pour ses crevasses énormes et ses avanlanches. En plus, il faut demander un permis spécial pour y accéder. Autrement dit, un volcan difficile d’accès de tout point de vue…

Le groupe: 10 personnes, dont 5 guides professionnels et internationaux, autrement dit des machines (même si comme vous en voyant la photo j´ai cru à une blague).

La moyenne d´âge: 40 ans… J´étais le plus jeune dans ce groupe; le petit dernier qui fait ses preuves…

Nous arrivons le matin assez tôt pour pouvoir monter les tentes, et surtout la tente intendance, la pure classe avec une cuisine, une table, des bancs… On sentait tout de suite le professionnalisme… Remarquez sur la photo qu´il n´y a pas un seul petit flocon de neige à cet instant…

10 minutes après, nous finissons une tasse de thé bien chaude, et je me retourne… 10 centimètre de neige étaient tombés…

Dehors, tout était blanc; comme si on était entré dans une autre dimension en pénétrant dans cette tente intendance !

Une chose à laquelle je n´avais pas pensé, c´est que la neige, c´est du poids…Et trop de neige…C´est trop de poids… Surtout sur ma petite tente fragile…Que je ne voyais déja plus…La trouvez-vous ?

D´un peu plus près, on remarque à quel point la neige l´a applatie comme une crêpe…

Heureusement, après quelques coups de pelle, la tente a repris sa forme d´origine, et miracle: rien de mouillé à l´intérieur! Le soleil se couchait déja sur la montagne, laissant apparaître le monstre dominant la région. Nous tenterions le sommet “maximum” (à gauche)

Nous dormons depuis 9h du soir quand à minuit les réveils sonnent. En 5 minutes, tout le monde est prêt. J´ai eu l´impression d´être en plein entraînement militaire… Et je vous défie d´enfiler 3 pantalons, 3 pulls, une veste, 3 chaussettes, des bottes, un baudrier, des guêtres, etc etc dans une tente de 3 mètres carrés…

La lune est pleine, pas besoin de lampe frontale, et il fait glacial… En marchant, on meurt de chaud, et les gouttes de sueur gèlent quasi instantanément sur le front…

On s´encorde à trois… Je place un cordon de sécurité sur la corde au cas où il faudrait remonter en prussique…Et j´ai bien raison, car après quelques heures de marche, je saute au dessus d´une crevasse d´un mètre de large, et retombe de l´autre côté sur une corniche ! La corniche se brise, et je tombe… A ce moment là, j´ai directement eu le réflexe de planter mon piolet et mes crampons aussi fort que possible dans les parois de la crevasses. Au final, je suis sorti sans problème; mais lorsque j´ai observé le trou de plus près… On n´en voyait pas la fin !

En chemin, on voit de nombreuses traces d´avalanches… Marco, le pote guide encordé avec moi, m´explique que cette avalanche qu´on voit à notre droite, à 10 mètres, est tombée il y a quelque heures: “tu te souviens du bruit énorme, comme le tonnerre ? Eh bien c´était cette avalanche, ca arrive tout le temps ici, c´est la spécialité…” Bien bien bien, je me sens rassuré…

En fait, l´Antisana a cette particularité qu´il est la seule barrière entre la selva (amazonie) et la sierra (cordillère). Du coup, les vents froids et les vents chauds se rencontrent et donnent lieu à des réchauffements ou des refroidissements très rapides du glacier. Pour cette raison, il peut se former des plaques de neige fragile en dessous de plaques de neige dure… Ces couches successives glissent alors l´une sur l´autre et forment des avalanches. Cette particularité de la variation de température explique aussi comment le glacier peut se sectioner en plusieurs parties en en gros fracas de glace brisée, et former presque instantanément d´énormes crevasses. En plus des vents, il faut savori que l´Antisana est toujours en activité, c´est pourquoi il y a des sources de chaleur un peu partout dans la région. C´est un volcan de type “strombolien”, ce qui veut dire que sa lave a la particularité d´être très dense et très lente… Si lente qu´elle crée dans les cheminées intérieures du volcan des bouchons de lave, qui avec la pression finissent par sauter… Ce qui déclenche une explosion incroyable de lave en fusion et de roches énormes (grosses comme des camions à voir le paysage apocalyptique du paramo). Mais ce n´est pas encore le plus dangereux, car avec une chaleur instantanée de plusieurs milliers de degrés, le glacier entier pourrait fondre, ce qui déclancherait un véritable ras de marée de boue et de cendres dans la vallée; on appelle ca les “lahares”. Bref, un petit volcan tranquille et mignon.

Vers 7h du matin, nous nous arretons à quelques centaines de mètres du sommet. Sur 5 cordées, 3 avaient déja abandonnées. Nous étions les deuxièmes. On arrive au niveau de la première cordée, qui hésite. En face de nous: une arrête de plusieurs centaines de mètres de long, large d´un petit mètre, et avec de chaque côté le vide. Marco hésite, selon lui nous sommes trop fatigué pour pouvoir continuer concentrés sur nos pas… Et l´autre cordée nous préviens qu´à partir de 8h, les risques de tomber dans des crevasses ou de se faire avoir par les avalanches est de 90%, une véritable piège, qui transforme la descente en un enfer de risques. Nous décidons donc de rebrousser chemin, et on fait bien ! Cinq minutes plus tard, nous nous enfoncions de 30 cm à chaque pas, dans ce qui devait être des crevasses en formation…

Au final, ce fut une ascension superbe, avec des crevasses énormes, des ponts de glace à franchir très étroits, le tout dans des décors incroyables… Une expérience terrible avec un groupe de machines de la montagne.



El último hielero, version radio !

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C’est comme si l’on m’avait drogué

C’est comme si l’on m’avait drogué. J’ai l’impression d’être emballé dans une fine couche de cellophane qui empêche ma sueur de s’évaporer. J’ai chaud. Il doit faire beau dehors. J’ai dû faire un rêve incroyable, je le sais, mais impossible de me rappeler du moindre détail. Juste cette sensation d’avoir passé une nuit mouvementée.

Ca y est, le réveil sonne. Les draps bougent à côté de moi. Ma femme se réveille et sort du lit immédiatement. D´un air hagard, elle regarde dans le vide de ses yeux semi fermés. Elle ne me parle pas ; on dirait qu’elle m’évite. Bizarre, ça n’est pas dans ses habitudes. Je laisse tomber ; impossible de décoller ma tête de l’oreiller. Je la laisse prendre sa douche. Je ne sais pas, je suis fatigué, comme si je revenais d’un long voyage.

Ce matin, comme tous les matins, je sais que j’aurai du retard. Et quitte à avoir du retard, autant en profiter. Je me lève donc d’un pas lent et traine les pieds jusqu’à la douche encore chaude et humide. Je ne me vois pas dans le miroir ; trop de buée, et puis mieux vaut ne pas savoir quelle tête de zombie je dois avoir. J’entends ma femme s’habiller dans la chambre, elle semble sangloter et j’entends qu’elle s’agite. Il faudra quand même que je lui demande ce qui se passe. J’abrège la douche.

La porte claque. Je ne comprend pas, il n’est que 7 heures, elle part pourtant chaque jour à 8 heures après avoir petit déjeuné avec moi ? Pourquoi ne m’a-t-elle rien dit ? Je descends en peignoir dans la cuisine ; il y a le journal du jour, encore tiède comme le reste de café dans la tasse où sont toujours collées les lèvres rouges de ma femme.

Je finis le café en buvant côté rouge à lèvre : un bisou volé à la frustration de ne pas avoir été salué comme à l’habitude. En tournant les pages de la feuille de choux, je constate que les nouvelles sont aussi originales qu’un Xième « Loft story » : « 2 soldats morts en Afghanistan », « BHV, échec des négociations », « lapidation en Iran ». Mais dans la rubrique faits divers, il y a un petit cadre dont le titre me surprend : « La mort est quelquefois tout un art de vivre », à côté de l’interview d’un psychiatre spécialiste du suicide. Selon lui, nous vivons à la recherche de la mort pour mieux la contrôler. Encore un pseudo Freud qui mélange le bouillon flou de la vie, du sexe et de la mort avec une verge énorme. A côté de l’interview, je lis ce titre « retrouvé mort, son testament à la main ».

En jetant le journal sur la table, je frôle la tasse qui bascule et tombe en un fracas de porcelaine brisée. Dans la foulée, je me blesse en marchant sur un morceau qui me coupe la plante du pied. Comme un contorsionniste dans l’étroitesse d’une boite imaginaire, je me plie en deux pour observer les dégâts. La blessure est profonde et très large, mais un détail m’étonne:  je ne saigne pas.  Pas non plus de douleur particulière.  Serais-je toujours en train de rêver ?

Je remonte dans la chambre pour désinfecter la coupure béante. En cherchant l’alcool dans l’armoire où sont rangés les médicaments,  une enveloppe tombe. Elle porte une inscription : « pardonne moi ».

Qu’est ce que cette lettre fait dans l’armoire à médicaments ? Je m’empresse de l’ouvrir ; c’est un texte tapé à la machine. « Mon amour, pardonne moi, je pars là où la vie ne me fera plus souffrir ». Je laisse tomber le papier. Voilà l’explication de son comportement : ma femme voulait partir, tout simplement partir…

J’enfile un pantalon, et cours à la recherche d’un indice, d’une autre lettre qui me donnerait une ultime chance de la rencontrer, de l’empêcher de faire une bêtise. Rien dans la chambre, rien dans le salon, rien dans la cuisine… Je deviens fou. Je décide alors de me rendre à son travail. En agrippant mon manteau, j’aperçois près du téléphone un papier sur lequel est écrit « jeudi 10, 8 heures du matin rue du Tri ». Jeudi 10, c’est aujourd’hui ! Et il est 7 heures et demi !

La rue du Tri, c’est près d’ici. Je fonce vers la voiture et démarre en vitesse. La rue du Tri ! Pourvu qu’il ne soit pas trop tard ! En écrasant l’accélérateur, je m’imagine les pires scénarios, mais je ne comprends pas les raisons qui auraient pu pousser ma femme à se donner la mort. Tout va pourtant bien pour elle : un travail stable, une vie tranquille, des amis, tout ce dont elle rêvait. « Ce dont elle rêvait… » Ca y est, je me rappelle de mon rêve.

Je me levais discrètement en pleine nuit pour ne pas la réveiller. J’allais me cacher dans la salle de bain pour écrire un mot. Ensuite je descendais et consultais le bottin téléphonique: je laissais alors une note sur un papier.

Soudain, le pare-brise éclate. Je pile sur les freins ; quelqu’un vient de heurter le capot de ma voiture à toute vitesse. La violence du choc me fait perdre conscience un moment. Quand je reviens à moi ; je vois ma femme sur le trotoir qui accourt dans ma direction en criant mon nom. Je tends la main, mais elle s’arrête à la hauteur de l’homme que j’ai renversé. Elle se penche sur lui et le serre dans ses bras. Je dois être encore en état de choc, un voile se pose devant mes yeux, mais je peux apercevoir la silhouette de l’homme gisant au sol : il me ressemble étrangement.

Je me rappelle alors cet article dans le journal avant de sombrer dans l’inconscience à mon tour: « la mort est quelquefois tout un art de vivre : ce furent les derniers mots d’un homme qui s’est donné la mort en se jetant sous les roues d’un chauffard ce jeudi 10 à 8 heures du matin rue du Tri… » Et à côté du fait divers, cette titraille : « Vivre à la recherche de la mort, pour mieux la contrôler ».

(ceci est une fiction :D )



Quand les truites font des queues de poissons

Ce WE, nous sommes partis direction la laguna de Mojanda, située à environs 3700 mètres d´altitude. Une énorme étendue d´eau dans ce qui devait être le cratère d´un volcan monstrueux il y a quelques années. Le plan était simple: camper, pêcher et se ballader. Un programme tout en douceur, avec de la truite à l´aïl au programme… Tout s´est très bien passé, sauf que la truite, mis à part quelques saut hors de l´eau comme des pieds de nez (ou plutôt queues de poissons si j´ose dire), n´a pas décidé de mordre à l´ameçon. Je vous laisse voir par vous même…



Carte blanche sur la révolte des policiers

Jeudi 30 octobre, vers 7h du matin, les nouvelles à la radio évoquent une possible grève de la police nationale, généralisée dans l´ensemble du pays. On ne prête qu´une attention relative à l´information et les heures passent. Peu après je me rends compte de la gravité de la situation lorsque, dans les studios de la radio où je travaille, tout s´agite comme si le pays était en guerre civile. Et nous n´en étions pas loin, car aux dernières nouvelles le président Rafael Correa était pris en otage par les membres de la police nationale ! En quelques heures, tout a basculé dans ce que les médias ont immédiatement appelés « le chaos ».

Le président s´était rendu au petit matin à la caserne de la police nationale à Quito. Le but de sa visite : annoncer aux principaux responsables des forces de l’ordre qu´une loi allait être votée concernant les bonus et avantages octroyés aux gradés. Selon Correa, le fait d´aller directement à la rencontre des policiers pour leur annoncer la nouvelle avait un objectif purement diplomatique. Il s´agissait de leur annoncer la mauvaise nouvelle, tout en se montrant compatissant envers ses « camarades policiers ». Comment Rafael Correa a pu croire qu´il ne se jetterait pas directement dans la gueule du loup ? Les tensions étaient déja assez forte pour que quiconque un peu alerte soit conscient qu´une telle visite serait immédiatement comprise comme une provocation. Alors, naïveté ou recherche délibérée d´image médiatique, ce qui est sur c´est que le président a pu bénéficier d´une propagande inouïe dans l´ensemble du pays, et dans le monde.

Dans la matinée donc, le pays était en état de choc. Une nouvelle fois dans l´histoire de l´Equateur, l´absurdité de l´ordre public semblait battre un nouveau record. Les membres de la police nationale, chargés de l´ordre public, et chiens de garde de la démocratie, s´étaient convertis en terroristes et tennaient dans leurs griffe ce même président auquel ils avaient tous jurés allégeance ! Dans les rues, les bruits des claxons et des moteurs mal entretenus ont laissé place aux cris des manifestants venus en masse pour soutenir leur président. En face des civils, des membres de la police, tirant en l´air à balles réelles, et lancant des grenades lacrymogènes dans la foule. Un spectacle que l´on a souvent vu en situation de crise, et pas uniquement en Equateur… Sauf que cette fois-ci, les manifestants n´étaient pas ceux qui lancaient des pierres, mais ceux qui lancaient des grenades lacrymogènes ! Absurdité de l´Equateur ; lorsque la police manifeste, c´est avec l´argent du contribuable à coup de fusils de service, grenades, et autres matériel d´assault destiné à la protection civile. Comment réagir alors lorsque l´ensemble des membres des forces de l´ordre d´un pays attaquent les civils dans les rues et détiennent leur propre président en otage ?

En réponse aux tirs de grenades lacrymogènes, les civils descendus dans la rue brûlaient tout ce qu´ils pouvaient. La fumée d´un feu permet d´apaiser l´athmosphère des gaz asphyxiants. En quelques heures, la plupart des grandes villes du pays ont changées totalement de décors ; une certaine idée de l´apocalypse. « La police tue le président ! Le président, c´est le peuple ! La police tue le peuple ! » criaient les manifestants civils, lancant des pierres en réponse aux tirs de grenades des policiers. Dans les rues de la ville, plus une voiture ne circulait. Il ne restait de l´ambiance mouvementé du trafic de Quito qu´une série d´incendies sauvages iniciés par des civils en rognes ou des policier en pleine hystérie.

À Quito comme à Guayaquil, des bandes rivales ont immédiatement pris le contrôle des quartiers en débacle. Des banques ont été attaquées, des supermarchés mis à sac, et on ne comptait plus le nombre d´agression dans la rue. Sortir, c´était entrer dans une ville dont l´anarchie était le maître mot. Par la fenêtre de mon bureau, je pouvais voir des gens courir, un sac de riz à la main, ou emmènant carrément les gros frigos sur roulette des supermarchés. À la radio, on entendait nos collègues journalistes, qui venaient à peine de sortir du bureau, crier « ils tirent à balles réelles ! », pendant que d´autres rentraient de reportage le nez en sang, racontant comment un policier qu´ils voulaient interviewer leur avait répondu dans le style du moment.

À la télévision, je vois le président ôter son masque à gaz pour interpeler ses ravisseurs du haut d´une fenêtre de l´hôpital dans lequel il est fait prisonnier. Il les invite d´abord à garder le calme et à cesser les conflits pour commencer les négociations. Les policiers le huent, lui lancent des grenades lacrymogènes et l´insultent. Le sang du président ne fait alors qu´un tour ; il déchire sa cravate, déchire sa chemise et s´écrie, hors de lui, « vous voulez tuer le président ? Eh bien le voici ! Tuez le ! Il est en face de vous ! ». Il déclarera plus tard l´etat d´exception de la nation en ajoutant « vous pouvez couper toutes les fleurs, le printemps reviendra ! ».

Pendant ce temps, alors que le désordre le plus absurde s´était installé dans toutes les rues et que le président était toujour pris en otage, on redoutait la position qu´allait prendre l´armée. Les personnes vivant près des casernes s´enfuyaient craignant l´appui de l´armée à la police. Dans ce cas, cette journée aurait pu changer l´histoire du pays. Il faut savoir que les membres de l´armée étaient aussi concernés par cette loi, et donc de près touchés par la même colère que celle des policiers. Il semble qu´ils aient cependant pris le temps de peser le pour et le contre (ou le poids mortel de leur puissance) avant de se ranger du côté de la démocratie.

La confusion était telle qu´on a tout de suite cru à un coup d´Etat. Selon le président Correa, l´opposition aurrait voulu profiter du désordre total pour instaurer un régime dictatorial par un mécanisme constitutionnel appelé « mort croisée » qui précise qu´en cas de dissolution du congres national, le président serait également démis de ses fonctions. Dans ce schéma précis, le pays aurait été sous la houlette d´un gouvernement provisoire pris entre les feux de l´armée et de la police nationale, une occasion en or d´instaurer un régime dictatorial ou militaire, une sorte de spécialité historique de l´Equateur.

Jeudi soir, vers 20h30, le président était toujours prisonnier, et les manifestants civils, drappés des couleurs présidentielles, continuaient à jeter des pierres sur les policiers en guerre. En jettant un oeil par la fenêtre, j´ai pu apperçevoir une colonne silencieuse de plusieurs dizaines de camions remplis de militaires. Elle restait discrete, comme un serpent énorme à l´affût d´une proie insouciante. Quelques minutes plus tard, l´assault fût donné ; la colonne rugit et ondula jusqu´en face de l´hôpital. Plus de 400 militiares, dont quelques troupes d´élites, tentèrent alors de prendre la place forte où un milliers de policiers étaient encors retranchés.

Comme Rafael Correa n´avait pas mâché ses mots en parlant des sanctions qu´il prévoyait pour les policiers incriminés, la lutte a été tenace entre les forces de l´ordre et l´armée. Les policiers acculés ont immédiatement ouvert le feu sur les militaires, qui avancaient lentement mais sûrement vers leur objectif en chantant l´hymne nationale sous leurs boucliers anti-balles. À la télévision, tout était retransmis en direct. On pouvait voir dans les rue un désordre impressionnant : les militaires tirant on ne sait où, se mélangeant à des policiers hagards ou complètement fous, et au milieu de cela quelques civils perdus ne sachant pas où aller. Un policier tombe, premier blessé. Ou est-il mort ? Le caméraman s´approche du corps inerte, et on entend une nouvelle déflagration, cette fois-ci en direction du journaliste. La caméra vacille en direct, puis reprend tant bien que mal du service. Le caméraman, soucieux d´un travail bien fait, avait été touché à l´épaule, mais continuait à filmer la scène. Les combats ont continués trois heures durant. On déplore deux morts et 50 blessés (non civils) selon les dernières estimations de la Croix-Rouge.

Pendant ce temps, grâce aux troupes d´élite de l´armée, le président était déja arrivé au balcon du palais présidentiel pour donner un des discours les plus intenses de son mandat, devant une foule en délire. Avec son style théâtrale des grands jours, il a insisté sur la gravité de la situation et la honte d´avoir vu une telle absurdité en Equateur. « La police nationale, attaquant le président ! Le prennant en otage ! » insistait-il en parsemant son discours de quelques « frères policiers » qu´il voulait pourtant aider. Le discours hystérique s´est clôturé par un vaillant hymne national chanté à pleins poumons par ce qui parraissait être le pays entier en choeurs. Un « happy end » digne d´une production hollywoodienne à la sauce latine.

Ce matin, vendredi premier octobre, les rues sont calmes comme un dimanche. Les commerces sont fermés, et le trafic m´a laissé dormir une heure de plus sans m´imposer ses classiques coups de claxons furieux. Les râres véhicules de la police qui passent sont conduits par des militaires, et il n´y a aucun policier dans la rue. Un climat tranquille, trop tranquille pour être sain peut-être. Aux dernières nouvelles, il semblerait que la situation soit complètement rétablie, mais dans les faits, la sécurité dans les rues reste très incertaine.



“La revolución ciudadana está en marcha”

Equateur – Le président rafael Correa a déclaré ce jeudi l´état d´exception dans l´ensemble du pays suite aux troubles qui ont éclatés dans toutes les villes du pays. Ces tensions sont survenues après que le Président Rafael Correa ait déclaré que la loi supprimant les avantages et bénefices octroyée aux membres de la police nationale serait finalement votée. Les protestations des membres de la police se sont fait ressentir dans toutes les villes du pays, dont la sécurité a du être assurée par l’armée.

Source : http://www.kaosenlared.net

« Pas un pas en arrière » a déclaré le Président ce jeudi, séquestré dans l´hôpital de la police situé à côté du Régiment de Quito. Après avoir été à la rencontre des policiers, au sein même des tensions, dans le bâtiment principale de la police nationale à Quito, il fût contraint de s´enfuir sous les agressions et les insultes des policiers. Il est resté toute la journée dans le bâtiment de l’hôpital de la police de Quito, otage d’une centaine de policiers en rogne lancant des grenades lacrymogènes sur les civils osant s’approcher de trop près. Il a du être soigné pour une blessure légère à la jambe.

Source : http://www.kaosenlared.net

« Tuez moi, tuez moi si vous en avez le courage ! »

En dehors, la tension était à son comble ce jeudi. Une centaine de policiers ont investit les infrastructures de l´aéroport national Mariscal Sucre afin de geler totalement le trafic aérien, pour éviter toute fuite du président. Des coups de feu tirés en l´air, des pneus incendiés et des slogans anti-présidentiels de la part des membres de la police se sont mélangés aux protestations à faveur du président. Des centaines de civils se sont groupés autour de l´hôpital et du palais présidentiel pour apporter leur soutient aux président : « les policiers sont en train d´attaquer le peuple ! Le peuple qui a élu notre président ! ». De leur côté, les policiers criaient des slogans à l´encontre de leur président, l´invitant à venir voir dans quelles conditions ils sont contraints de vivre et qu´il serait inacceptable de laisser passer une loi supprimant les avantages octroyés aux services de la police nationale (avantages sociaux, prime d’ancienneté, prime de noël,…). De son côté, Rafael Correa a déclaré « coupez les fleurs, le printemps reviendra, venez me chercher, tuez moi, mais après cela viendront mille autres Rafael Correas »

La « mort croisée »

Armes au poing et sirènes hurlantes, les membres de la police ont semés la panique dans les rues des grandes villes du pays, alors que des centaines de personnes se regroupaient pour soutenir leur président. Dans l’après-midi, le président Rafael Correa a déclaré l´Etat d´Exeption du pays en réponse à ce qu´il qualifie de « tentative de coup d´Etat de la part de l´opposition », alors qu’il était toujours pris en otages des policiers. Il estime que l´opposition serait en train de profiter de la destabilisation du pays pour invoquer la « mort croisée », un mécanisme de la constitution qui prévoit que le président ait le droit de dissoudre le congrès national en cas de force majeure. Dans ce cas précis, la « mort croisée » signifie que cette dissolution entraînerait automatiquement la propre renonciation du président et la convocation du peuple à de nouvelles élections.

L´armée n’a pas tardée à se déclarer du côté du gouvernement et a très vite tenté de maintenir l´ordre. Cependant, on déplore plusieurs cas d´agression et d´attaques à main armée dans l’ensemble du pays. Des bandes rivales se sont également affrontées dans les quartiers de Guayaquil et de Quito, se disputant le butin des banques locales. Par manque de sécurité, l´ensemble des voie de communication ont été fermées et le système scolaire est gelé jusqu´à au moins lundi. L´ensemble des banques et supermarchés ont également fermés de peur de nouvelles attaques. Le Pérou voisin a déclaré qu´il fermerait ses frontières à l´Equateur jusqu´à ce que l´ordre soit rétablit.

Quand la police et l’armée nationale s’affrontent

Vers 20h30, ce jeudi 30 septembre, une colonne de plusieurs dizaines de camions remplis de soldats en armes a investit les lieux où le président Rafael Correa était détenu depuis plus de douze heures par la police nationale. Immédiatement, les policiers se sont retranchés dans l’hôpital de la police nationale et ont entamés des tirs nourris en direction des militaires. Les combats se sont prolongés tard dans la nuit, mais le président de la république a pu être sauvé de ses ravisseurs peu après le début de l’assaut. Vers 21h30, libéré de la police nationale par l’armée, il donna un discours du balcon du palais présidentiel sur l’avenir de la démocratie équatorienne à une foule venue en masse .

Pour l´instant, le pays reste encore soumis à un certain désordre entre les forces armées, les manifestants des forces de police et les civils, mais le président Rafael Correa est saint et sauf. Les combats ont fait 2 morts et 50 blessés, aucun civil, selon les dernières estimations de la Croix Rouge. Quant à l’ensemble des membres incriminés de la police nationale, il semble qu’ils soient promis à un jugement adapté à leur « insubordination, leur trahison de la démocratie » selon le président.